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Cette maison étonnante qu'on appelle "Maison Eiffel" a été construite par les Etablissements Duclos de Courbevoie pour l'exposition universelle de Bordeaux en 1895, et fut reconstruite à Aiguilles (Queyras) à la suite de son achat par un Aiguillon. Cet édifice tout en métal avec tour carrée, entièrement démontable comme la Tour Eiffel, est bien dans le style caractéristique du début du XXe siècle, comme de nombreuses maisons de ce bourg. On prétend qu'elle est glaciale en hiver et brûlante en été...

Elle a été conçue par Bibiano Duclos, ingénieur parisien à qui on doit cinq autres maisons sur le sol français. A Versailles et Poissy (Yvelines), Morgat (Finistère), Arcachon (Gironde), Jarville (Meurthe et Moselle).

Marc Braham, ingénieur civil des constructions (Belgique) a effectué des recherches sur les maisons centenaires métalliques. Dans sa publication "Les maisons métalliques centenaires françaises" (Tiré à part de la revue Construction Métallique Française n°4-1991), il parle ainsi de la maison de fer d'Aiguilles : "...la plus extraordinaire maison du système Duclos, existant encore en France. Elle est cependant différente des autres, plus modeste, à tel point qu'elle semble vouloir être la glorification du système. On en comprendra mieux les raisons si l'on sait qu'elle était initialement présentée à l'exposition de Bordeaux en 1895. Elle y était le pavillon de la presse et de la publicité, offert gracieusement par les établissements Duclos."

 

La tour Eiffel carrée

Le village d'Aiguilles, situé au coeur du Parc Régional du Queyras, porte un nom qui viendrait du latin ad Guillum signifiant près du Guil, torrent qui traverse le Queyras et se jette dans la Durance à Guillestre. Le Guil est connu pour ses débordements qui de tous temps provoquèrent des inondations et même récemment, en 1957 et 2000.

Aiguilles fut aussi plusieurs fois incendié, ce fut le cas en 1829. Les archives rapportent que le feu s'est propagé avec la rapidité de l'éclair et qu'à 11 h du soir, la commune n'était plus qu'un monceau de cendres. (Alain Lequien, "Les mystères des Hautes-Alpes", Ed. De Borée, 2014)

Les habitants qui le pouvaient émigrèrent en Amérique Latine (Mexique, Argentine, Chili). Ayant fait fortune, certains d'entre eux revinrent au village natal et firent construire de somptueuses maisons bourgeoises, aux aménagements de façades en ferronneries d'art : balcons, épis de faîtage, grilles et portails... 

 

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